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
Bruno D SEGBEDJI[/caption]
Le Burkina Faso, «le pays des hommes intègres», a voulu exclure certains de ses fils dans la course aux compétitions électorales post-Blaise Compaoré. Mal lui en a pris. La Cour de justice de la CEDEAO vient de dire le droit en enjoignant aux autorités de la transition de ce voisin du Mali de rectifier le tir. Pour ainsi revenir à une forme d'intégrité électorale.
Il était légitimement tentant de mettre à la touche ceux qui ont encouragé Blaise Compaoré à forcer son destin. En tentant le coup de force constitutionnel de son maintien à la tête du Faso, après 27 ans de règne sans partage au Palais de Kosyam. Comment, en effet, accepter la virginité politique des ténors du CDP (le parti de Blaise) qui, hier, à gorge déployée, ont défendu becs et ongles le projet suicidaire de l'ex-président du Faso ? Celui de se donner un énième mandat contre la volonté du peuple ? Comment les faire jouir aujourd'hui du fruit de la révolution du 30 octobre 2014, qu'ils ont voulu étouffer en les admettant dans les starting-block des compétitions électorales présumées plus transparentes que celles des périodes Blaise ?
Ce sont ces préoccupations qui ont dû pousser les autorités de la transition burkinabé à poser des garde-fous à ce qu'elles ont appelé l'essor politique des tenants de l'ancien ordre rejeté par le peuple. Seulement, le droit d'être éligible à servir son pays à quelque niveau de responsabilité est non seulement sacré mais surtout universel.
Ce qui a motivé l'arrêt non susceptible d'appel de la Cour de justice de la CEDEAO demandant qu'aucun acteur de la scène politique - quelle que fût sa connivence avec l'ex-régime - ne soit être écarté du processus électoral marquant la fin de la transition au pays de Thomas Sankara.
Il revient à présent au Conseil constitutionnel du Faso d'émettre un avis intégrant cet arrêt d'Abuja dans le droit positif interne, étant donné que la CEDEAO elle-même interdit toute modification de la loi électorale dans les six mois précédant les élections.
C'est, au final, le peuple burkinabé seul, exerçant la souveraineté dont il le dépositaire, de choisir qui est peut prendre les rênes du pays. Ce que le peuple burkinabé veut, le président Michel Kafando ne s'en doute pas, il le dira avec la solennité requise par les urnes ! En donnant l'intégrité électorale aux acteurs de la révolution ou à ceux qui avaient voulu naviguer à contre-courant. Pour peu que la tempête anti-Isaac Zida se calme.
Ce verdict doit inspirer les adeptes de
" l'exclusionnisme ", qui sont prompts à diaboliser éternellement les acteurs des régimes antérieurs après chaque changement politique brutal dans nos Etats.
Comme justement cette abjecte campagne de dénigrement orchestrée à l'endroit du président Amadou Toumani Touré par certains tenants du pouvoir IBK. Comme quoi nul ne peut se prévaloir de plus de légitimité sans l'arbitrage du peuple, seul recours pour juger. Devant l'Histoire!
Bruno Djito SEGBEDJI