Mali : La CMA suspend sa participation au dialogue national inclusif
« La coordination des mouvements de l’Azawad suspend sa participation au dialogue national inclusif suite aux propos du Président de la République qui officialisent la possibilité de rediscuter certaines dispositions de l’accord pour la paix », a déclaré le porte-parole de la CMA, Moussa Ag Attaher.
C’est le discours du Président de la République Ibrahim Boubacar Keïta à l’occasion de la célébration du 59ème anniversaire de la fête de l’indépendance du Mali qui est à l’origine de l’annonce du retrait de la CMA aux travaux du dialogue national en vue.
Evoquant sur les antennes de l’ORTM les obstacles sur lesquels la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation est buté, le Chef de l’Etat a déclaré :, « Malgré les développements récents, dont la sortie de la première vague du DDR accéléréé, au début de ce mois, des difficultés demeurent, inhérentes pour certaines d’entre elles à la nature même d’un tel accord ; liées, pour d’autres, à l’incompréhension, et par moment à l’intransigeance, de certains signataires ». Ajoutant qu’en ce jour anniversaire de l’indépendance du pays qu’il tient à réaffirmer l’attachement du Gouvernement malien à cet accord, « quitte à en discuter certaines dispositions, l’essentiel étant d’en conserver l’esprit ».
Les ex-rebelles de Kidal accusent, pour ce faire, le Président IBK de vouloir revoir certaines dispositions de l’accord pour la paix et la réconciliation dont ils sont signataires. D’autres sources revèle le porte- parle de la CMA reproche également au Chef de l’Etat de vouloir ouvrir le dialogue national inclusif à tous ceux qui ne jurent que par le rejet ou la relecture de l’accord de paix, qui veulent mettre à mal certaines dispositions de cet accord. « Nous n’allons pas participer », a-t-il insisté. Lequel poursuit que l’accord de paix et le dialogue sont étroitement liés.
La CMA sous la sellette joue aux enchères
Face aux difficultés liées à la mise en œuvre de l’accord et l’interdiction de la présence de tout symbole de l’Etat Malien à Kidal, les critiques se multiplient contre certains signataires de cet accord. Le plus virulent est le Président nigérien Mahamadou Issoufou, qui dénonce la mainmise qu’exerce la CMA sur Kidal. Ce voisin du Mali estime que le statut de Kidal pose problème et constitue une menace pour son pays et n’a pas hésité de le qualifier « de sanctuaire du terrorisme » dans l’hebdomadaire français ‘’Jeune Afrique’’. Lors du récent sommet de la CEDEAO à Ouagadougou, tenu en mi-septembre, les Chefs d’Etat de l’organisation sous-régionale ont mis la pression sur les ex-rebelles de Kidal. En effet, le sommet a non seulement apporté son plein soutien à l'exercice de la souveraineté de la République du Mali sur l'ensemble de son territoire, mais en réaffirmant que la Région de Kidal est partie intégrante du territoire Malien. Outre, les dirigeants de la CEDEAO ont exigé « le respect scrupuleux des symboles de l'Etat Malien, le retour des démembrements de l'Etat, y compris les Forces Armées reconstituées et de l'Administration dans toute la Région de Kidal ».
Par ailleurs, le gouvernement malien a annulé la réunion de la 38ème session du comité de suivi de l’Accord (CSA), qui était prévue pour se tenir à Kidal, en évoquant des raisons d’Etat impératives. Toute chose qui a suscité la colère de la CMA, qui a annoncé sa suspension du CSA, et en conditionnant sa participation à la prochaine réunion du CSA à sa tenue à l’extérieur du Mali. Pendant que la pression s’exerce de part et d’autre contre les ex-rebelles pour changer le statut de Kidal, ils jouent aux enchères et brandissent les menaces.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net
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