Processus électoral et référendaire : Un nouvel attelage gouvernemental avant le 18 juin ?
La recherche d’un consensus politique national n’est-elle pas nécessaire, pour aborder l’agenda électoral avec des chances de succès, dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans le pays?
Le gouvernement vient de prendre un décret convoquant le collège électoral au référendum pour l’adoption de la nouvelle Constitution le 18 juin prochain. Cette convocation du collège électoral pour le scrutin référendaire intervient, alors que plusieurs acteurs politiques ont émis des réserves sur le processus. Alors, l’on se pose des questions de savoir si le pays a besoin d’être divisé aujourd’hui entre acteurs du oui et du non pour ce référendum, au moment où des hordes de terroristes écument encore de vastes zones du territoire national. Ne faut-il pas que le chef de l’Etat mette en place une stratégie de rassemblement des forces vives pour un modus vivendi salvateur ?
Pour de nombreux observateurs, il urge d’insuffler une nouvelle dynamique au gouvernement en rassemblant davantage les états-majors politiques, avant d’aller au scrutin référendaire. Ce qui aidera le Col Assimi Goïta dans l’atteinte de ses objectifs lors des prochaines élections.
Cette lecture se fonde sur la volonté des plus hautes autorités du pays d’unir les forces vives au chevet de la Transition. Et, cela passe par un réaménagement du gouvernement du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. Or, il semble que plusieurs partis ne voudraient entrer dans l’équipe gouvernementale que sous un nouveau Premier ministre. En clair, la condition du départ de Dr Choguel Kokalla Maïga est mise sur la table comme préalable à la constitution de ce gouvernement d’union nationale devant préparer les prochaines échéances électorale, en partant du référendum du 18 juin prochain.
En outre, pour étouffer toutes les velléités de sabotage du texte de la future loi fondamentale, il faut que le chef de l’Etat fasse un appel du pied à l’endroit des principales chapelles politiques ; surtout celles qui avaient appelé à l’abandon du projet référendaire. Ainsi, un nouveau gouvernement au sein duquel des partis comme l’ADEMA-PASJ, le PARENA, le RPM, l’UDD, SADI auraient des représentants peut assurer une décrispation, voire devenir une force de persuasion pour atteindre un vote massif en faveur du oui le 18 juin prochain.
A cette action majeure peut s’ajouter une adresse à la nation pour sonner la grande entente et l’union sacrée au chevet du Mali en proie à des attaques terroristes à l’adversité internationale. Cela aura le mérite de conscientiser les uns et les autres à se surpasser pour conduire cette Transition à bon terme ? Ce qui pourra aussi aider à maitriser la demande sociale, à freiner les ardeurs à des grèves et à des velléités revendicatives concernant par exemple la vie chère et le front sécuritaire. Car, un rassemblement des forces vives de la nation est un facteur dopant pour le moral des forces de défense et de sécuritaire sur le front de la guerre contre les forces du mal.
Par ailleurs, pour réussir à organiser des élections paisibles et moins contestables, il est nécessaire que les Maliens parviennent à se donner la main autour de l’essentiel. C’est donc un sacrifice osé que le président de la Transition pour montrer au peuple malien que pour le Maliba, aucun effort ne doit être ménagé. Le jeu en vaut la chandelle, pour parvenir rapidement à remettre le pays sur les rails, ceux du renouveau et de la refondation.
Boubou SIDIBE /maliweb.net
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