Situation politique : Gao menace de boycotter les élections

Juin 3, 2013 - 06:30
Juin 3, 2013 - 03:48
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Quelques semaines avant la date pour l’élection du Président de la République (le 28 juillet prochain), rien n’est sûr dans la mythique Cité des Askia, où les populations ont pris  d’assaut les rues de la ville. C’était le jeudi 30 mai 2013 pour clamer haut et fort leur mécontentement face à l’exclusion et à la marginalisation qui prennent forme à travers la reprise du dialogue avec les groupes armés de Kidal. Elles  ont  déversé, de longues heures durant, leur colère sur les autorités maliennes à cause de leur volonté de traiter avec les apatrides du M.N.L.A, ceux-là mêmes qui ont jeté l’anathème et craché sur la République.      [caption id="attachment_138740" align="aligncenter" width="610"]Vue d'ensemble de la ville de Gao  © AFP/Archives Vue d'ensemble de la ville de Gao
© AFP/Archives[/caption] En effet, toutes les associations et organisations de la société Civile de Gao se sont mobilisées dans ce qui reste de  la cité des Askia pour prévenir le Gouvernement de toute nouvelle tentative d’abuser de leur volonté de préserver l’unité nationale. Il s’agit de  la coordination politique des mouvements armés sédentaires, le cadre de concertation des jeunes, le cadre de concertation des sédentaires, le mouvement des patriotes, le Mouvement « Nous pas bouger. »    « Cette fois-ci, nous ne nous laisserons pas faire » a martelé un responsable de la manifestation. L’objectif de cette manifestation était d’exiger la présence des sédentaires à la table de négociations. Pourquoi cette marginalisation ? Les manifestants entendent résister par tous les moyens pour s’opposer à la culture de l’impunité. Ils scandaient au cours de la marche des slogans hostiles à l’endroit de tous ceux qui privilégient un échange quelconque avec les  auteurs de crimes commis, lors de l’occupation de leurs villes. Aussi les habitants des régions occupées disaient-ils  ne rien  comprendre quant à l’attitude du Gouvernement de la transition et cela, depuis leur libération par la France.   Selon plusieurs manifestants, le Gouvernement n’est préoccupé que par la tenue des élections et une parodie de négociation avec les bandits armés du MNLA. Au lieu de prendre à bras le corps le quotidien du citoyen lambda dépourvu de tout, jusqu’à l’essentiel : électricité, eau,  sécurité,  soins de santé, l’Etat se complait dans de faux débat. C’est la lecture, en tout cas que font la plupart les habitants de  la ville de Gao. Le divorce est entrain en  effet d’être consommé entre l’Etat malien et les populations.    « Nous empêcherons la tenue des élections, si le Gouvernement ne prend pas en compte nos préoccupations  existentielles ». « Le gouvernement du Mali a toujours favorisé ceux qui prennent les armes contre les sédentaires qui n’ont jamais pris les armes contre leur pays », fulminait un notable. Joint au téléphone, le Président  de la Coordination pour le soutien des mouvements armés de  la Vallée (branche politique) au niveau local des groupes  d’auto-défense M. Abass Ibn Hamidou, nous informe qu’une réunion d’évaluation était prévue  pour ce dimanche afin d’identifier les mesures urgentes à prendre face à cette situation inacceptable.   Ils envisagent même mettre une grande commission pour donner un contenu à leur document avant d’aller à la table des négociations. Selon lui, une lettre a été adressée à Diouncounda Traoré, président de la République par intérim et à toutes les Institutions et représentations diplomatiques pour remercier le Président Français François Hollande leur libérateur, mais aussi lui signifier leur volonté de dénoncer l’impunité pour les auteurs de crimes.   B. COULIBALY  

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